Grand Corps Malade rencontres

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, comme la vie
Évidemment j'étais pas tout seul, j'avais envie d'faire connaissance
Y avait un tas d'personnes, et personne marchait dans l'même sens
Alors j'continuais tout droit, mais un doute s'est installé
Je savais pas c'que j'foutais là, encore moins où j'devais aller
Mais en ch'min au fil du temps, j'ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionnants, faut absolument qu'j'vous raconte
Ces personnages que j'ai croisé, c'est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main

Tout d'abord sur mon parcours j'ai rencontré l'innocence
Un être doux, très gentil, mais qui manque un peu d'expérience
On a marché un p'tit moment, moins longtemps que c'que j'aurais cru
J'ai rencontré d'autres éléments et l'innocence a disparu
Un moment sur mon ch'min, j'ai rencontré le sport
Un mec physique, un peu grande gueule, mais auprès d'qui tu d'viens fort
Pour des raisons techniques on a dû s'quitter : c'était dur !
Mais finalement c'est bien comme ça, puis l'sport, ça donne des courbatures !
J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec les mots, on pouvait traverser les cieux
J'lui ai dit : "J't'ai d'jà croisée et franchement, tu vaux pas l'coup !
On m'a parlé d'toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou"
Mais la poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
J'lui ai d'mandé : "Tu penses qu'on peux vivre ensemble ? J'crois qu'j'suis accroc"
Elle m'a dit : "T'inquiète, le monde appartient à ceux qui rêvent trop"
Puis j'ai rencontré la détresse et franchement elle m'a saoulé
On a discuté vite fait, mais rapidement je l'ai r'foulée
Elle a plein d'certitudes sous ses grands airs plein d'tension
Mais vous savez quoi ? La détresse, elle a pas d'conversation
Un moment sur ma route, j'ai rencontré l'amour
J'lui ai dit : "Tiens ! Tu tombes bien, j'veux t'parler d'puis toujours
Dans l'absolu t'es une bonne idée, mais dans les faits c'est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux ! Faudrait qu'tu r'travailles ta formule"
L'amour m'a dit : "Ecoute petit, ça fait des siècles que j'fais mon taff
Alors tu m'parles sur un autre ton, si tu veux pas t'manger des baffes
Moi j'veux bien être gentil, mais faut qu'chacun y mette du sien
Les humains n'font aucun effort et moi j'suis pas un magicien"
On s'est embrouillé un p'tit moment et c'est là qu'j'me suis rendu compte
Que l'amour était sympa mais que quand même il s'la raconte
Puis il m'a dit qu'il d'vait partir, il avait des rendez-vous par centaines
Que ce soir il d'vait dîner chez sa d'mi-s½ur : la haine
Avant d'partir j'ai pas bien compris, il m'a conseillé d'y croire toujours
Puis s'est éloigné sans s'retourner, c'était mes derniers mots d'amour
J'suis content d'l'avoir connu, ça j'l'ai bien réalisé
Et je sais qu'un d'ces quatre, on s'ra amené à s'recroiser
Un peu plus tard sur mon ch'min, j'ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l'amour derrière les barrières que le temps dresse
Un peu plus tard sur mon ch'min, j'ai rencontré la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie
Assez tôt sur mon parcours j'avais rencontré l'amitié
Et jusqu'à c'jour, elle marche toujours à mes côtés
Avec elle j'me tape des barres, et on connaît pas la routine
Maintenant c'est sûr, l'amitié, c'est vraiment ma meilleure copine
J'ai rencontré l'avenir, mais il est resté très mystérieux
Il avait la voix déformée et un masque sur les yeux
Pas moyen d'mieux l'connaître, il m'a laissé aucune piste
Je sais pas à quoi il r'ssemble, mais au moins j'sais qu'il existe
J'ai rencontré quelques peines, j'ai rencontré beaucoup d'joie
C'est parfois une question d'chance, souvent une histoire de choix
J'suis pas au bout d'mes surprises, là d'ssus y a aucun doute
Et tous les jours je continue d'apprendre les codes de ma route

C'était sur une grande route, j'marchais là d'puis des jours
Voire des s'maines ou des mois, j'marchais là d'puis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un ch'min un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.

# Posté le mardi 24 juin 2008 07:07

Modifié le mercredi 25 juin 2008 14:19

Grand Corps Malade- Retroviseur

J'ai le souvenir tenace et la mémoire tonique
De ces temps pas si lointains de cette époque magique
J' sais pas si c'est normal, on peut trouver ça tragique
Mais putain ! J'ai pas trente ans et j' suis déjà nostalgique

Nostalgique de cette enfance, un môme casse-cou pas trop casse-couilles
Nostalgique de cette innocence, un début de vie sans grosses embrouilles
A l'école, j'avais d' bonnes notes mais on peut pas dire qu' j'étais très sage
Insolent avec les profs, le corps enseignant avait la rage
C'est vrai que je devais être relou, mon attention était réduite
Et j'osais pas rentrer chez moi, les jours d'avertissement de conduite
Avec mes potes on s' cachait dans les chiottes pour raper sur un magnéto
On faisait un beat en tapant sur les portes, on était vraiment des mytho

A la cantine, c'était pas un r'pas, c'était carrément un carnage
Ça gueulait, ça s'insultait et on s'battait à coup de fromages
Putain ! J'envie cette vie ravie que je revis de temps en temps
Quand je me laisse aller et que je mate dans le rétroviseur du temps
Et ça y est, je me revois déjà dans le bus qui part en colo
Avec tous mes pain-co, avec des petites gos et mon gros sac à dos
J' sais pas comment on a fait pour passer tant de temps à rire
Y a peut-être aussi qu'à cette époque, c'est vrai, je pouvais courir

Mais t'inquiète, je suis pas là pour pleurer, juste revivre avec vous
La joie des premières ré-soi, l'émotion des premiers rendez-vous
Tiens, d'ailleurs, ça me rappelle cette meuf, j'crois qu'elle s'appelait Gaëlle
C'était en rentrant d'une teuf, je lui dois mon premier roulage de pelle
Je revois aussi ces parties de foot où on jouait pendant des heures
On rentrait chez nous que quand il faisait nuit et ça, j'te jure, c'était le bonheur
C'était les années où, dans mon walkman, y avait tout le temps Authentik
Premier album des NTM dont j'étais vraiment fanatique

C'est vrai que j'ai le souvenir tenace et la mémoire tonique
De ces temps pas si lointains, de cette époque magique
J'sais pas si c'est normal, on peut trouver ça tragique
Mais putain ! J'ai pas trente ans et j' suis déjà nostalgique

Nostalgique de cette adolescence, des années consacrées au sport
Nostalgique de cette ambiance, plus on est de fous, plus on est forts
Avec mon équipe de basket, on allait monter en Nationale
Mais on a perdu le titre lors d'une énième bagarre générale
Jordan était notre idole, notre modèle, notre moteur
Et on travaillait notre détente pour défier les lois de la pesanteur
C'est génial, ces p'tits détails auxquels je repense avec envie
Ces p'tits bouts d'innocence qui me sourient dans l' rétroviseur d' la vie

C'est vrai qu' j'étais sportif et, plein de fois, j'ai prouvé ma valeur
Car je me suis jamais fait serrer quand je me f'sais courser par les contrôleurs
À cette époque, j' passais la moitié d' ma vie dans les transports
Et les jours de grève, croyez-moi, ça aussi, c'était du sport !
J'étais pas trop bagarreur sauf quand j' savais que j'allais gagner
Contre un p'tit vieux ou une p'tite s½ur, peu de chances de me faire aligner
La belle époque des petites magouilles et des crises de rire toute la journée
J'ai des souvenirs par packs de douze, construits au fil des années

C'est un truc de fou, toutes ces images qui reviennent en force
Et qui font qu' tu n'y peux rien, ton c½ur se serre au fond de ton torse
Y a des trucs qui m' manquent, que j' retrouverai pas, c'est sûr
Car on ne les vit que quand on est inconscient, innocent et pur
Et y a des moments un peu sombres, des journées sans lumière
Où je me dis que le meilleur est peut-être déjà derrière
Pourtant je suis bien dans mes pompes et j'ai confiance en l'avenir
Mais y a quelque chose que je dois avouer, que j' suis obligé de vous dire

C'est que j'ai le souvenir tenace et la mémoire tonique
De ces temps pas si lointains de cette époque magique
J'sais pas si c'est normal, on peut trouver ça tragique
Mais putain ! J'ai pas trente ans et j' suis déjà nostalgique.



# Posté le samedi 19 juillet 2008 12:52

Modifié le samedi 19 juillet 2008 13:55

Grand Corp Malade - Du côté chance

Je suis pas au bout de mes surprises, là dessus y'a aucun doute et tous les jours, je continus d'apprendre les codes de ma route.

Les codes de ma route ont soudain été très surprenant; nouvelle signalisation, nouveaux panneaux, nouveaux tournants. J'ai bien alerté mes rétines pour voir tout ce qu'il y avait à voir et j'ai marché en observant du coté chance de l'histoire. On a d'abord slamé dans des bars, c'était nos tours de Babel, l'hsitoire est devenue aventure et l'aventure est devenue belle. Avec un mélange de rencontres, d'envie et de prises de risque. Qui aurait cru que c'était possible? On a même sorti un disque. Comme tout est allé vite, là je décide de me poser, quelques secondes me retourner pour essayer d'analyser une année mouvementée, pleine de surprises et d'action, où avec le public on a échangé des émotions. Alors j'essaie d'réaliser, de ressentir, de prendre conscience de tout ce que ça m'a apporté d'recevoir cette reconnaissance. J'me souviens d'une farandole de sentiments même si le plus fort c'est quand quelqu'un du public me dit merci. Ca rechauffe le ventre de savoir qu'on a fait du bien, juste pour un p'tit moment, modestement on créé du lien. Puis j'me dit qu'j'me suis pas trop trompé quand j'ai misé sur toutes ces heures fragilisées par un auditoire tamisé.

Y'avait plein de gens qui m'écoutaient, j'ai vu des oreilles plein leurs yeux, un tas de coeurs bien attentionnés, y'avait des jeunes et puis vieux. Ils étaient là, ils m'attendaient même à l'autre bout d'la France. Ils m'ont offert un bout d'histoire où j'ai marché du côté chance.

La belle aventure a pris de drôle de proportions, difficile de prévoir de pareilles mensurations. Biensûr on y croyait mais personne ne pensait qu'y aurait des textes de slam au programme du bac français.
Tant d'événements innatendus, parsemés et forcément; et j'ai slamé slalomant entre surprise et étonnement. Et si je reprends l'horloge de mon unique journée, il est 12h40 quand s'achève la tournée.
Cette première tournée m'a offert tant d'images, de plaisir, de voyages, de sourires, de visages; des temoignages qui ont gonflé mes poumons d'gratitude. Voir un public se lever, on en prend jamais l'habitude.
Alors merci pour votre écoute et pour vos applaudissements, ils résonnent pour notre équipe comme les plus beaux encouragements.

Merci Renaud et Gaëtan et merci a Timothée, j'ai compris dans vos yeux d'enfants que mes mots avaient de l'utilité. On en a fait des kilomètres, vu des péages et vu des gares pour essayer de mieux s'connaitre à la recherche de vos regards. Des patelins aux grandes villes, des p'tites salles aux festivals, de mes envies à mon réel, de Saint-Denis à Montréal. 120 dates de concert avec un public aux p'tis soins, ça laisse quelques souvenirs; t'as qu'à demander aux musiciens. Et comme j'suis un gamin, ba j'ai envie d'recommencer et quoiqu'il se passe demain j'me souviendrais de l'année passée

Y'avait plein de gens qui m'écoutaient, j'ai vu des oreilles plein leurs yeux, un tas de coeurs bien attentionnés, y'avait des jeunes et puis vieux. Ils étaient là, ils m'attendaient même à l'autre bout d'la France. Ils m'ont offert un bout d'histoire où j'ai marché du côté chance.

Quelques dédicaces pour les acteurs de cette tournée: Philippe, Jean, Florence, Nathalie, Helène, Hervé. Merci Amid, Paco, Yannick et Ronnie. J'oublie pas James, Djamel, Raph, Karim et Ouali. Le Noyau dur, Yakin, S petit Nico et Fit back; merci Jean-phi et Jean-Rachid, on partage tous le même trac. Conte de Bouderbalah et Jeune poutch, c'est toujours un plaisir de vous avoir sur scène et rendez-vous à la Masire.

Y'avait plein de gens qui m'écoutaient, j'ai vu des oreilles plein leurs yeux, un tas de coeurs bien attentionnés, y'avait des jeunes et puis vieux. Ils étaient là, ils m'attendaient même à l'autre bout d'la France. Ils m'ont offert un bout d'histoire où j'ai marché... du côté chance.
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# Posté le mardi 07 octobre 2008 14:09